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10 mois en Océanie pour Caro & Manu, chez les Kiwis et les Aussies...

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La Coulée Douce

danseEn Indonésie, le coût de la vie n’est pas très élevé pour les visiteurs occidentaux. C’est ainsi que beaucoup de touristes ramènent chez eux des souvenirs de leur voyage, des statues hindoues, des peintures fines ou du textile local.

Au cours de notre court voyage sur les îles de Bali et de Lombok, nous avons même rencontré un Québécois qui est reparti vers sa Belle Province avec un esprit local sous le bras.

 

Comme souvent quand je rencontre un Québécois, tout commence par une discussion passionnée sur le hockey sur glace. Au début, Kevin était plutôt agréablement étonné de croiser un Français amateur du sport le plus populaire au Canada. Mais assez rapidement, un vif débat s’est instauré entre nous quand je lui ai avoué que je suivais avec autant de ferveur les résultats de l’équipe de Vancouver et ceux de l’équipe qui fait battre le cœur des Québécois, le Canadien de Montréal. Complètement impossible m’opposa-t-il. Ou alors tu n’es tout simplement pas un vrai fan. Un fan de hockey peut-être. Mais pas de Montréal ou pas de Vancouver. As-tu déjà vu en Nouvelle-Zélande un fan de rugby supporter et l’équipe de Whananaki Nord et celle de Whananaki Sud ? Un argument par l’exemple totalement imparable.

Quand je me suis dit que ce Pacifique Détour était une bonne idée, je me souviens m’être fait la réflexion que ce voyage m’aiderait certainement à me remettre en question, à ébranler certaines certitudes. Ce n’est pas précisément à cette certitude là que j’avais alors pensé.

Il faut que tu choisisses, renchérit Kevin. Je ne suis pas très objectif, je suis Québécois. Mais si tu veux, je peux en toucher un mot à Gassevitutikotakat un de ces prochains soirs, peut-être pourra-t-il t’aider à mieux appréhender le problème pour que tu fasses le bon choix.

C’est donc ainsi, grâce au hockey sur glace, que j’ai entendu parler pour la première fois, par l’intermédiaire de Kevin l’océanographe de Rimouski, de Gassevitutikotakat, esprit Balinais d’Ubud.

 

Avant d’aller plus loin, hop ! rembobinons un peu le récit, qui débute en septembre 2010. A ce moment là sortait en salle outre-Atlantique Eat, Pray, Love, film américain avec Julia Roberts. Une partie du film se déroule à Ubud, capitale culturelle de l’île Indonésienne de Bali. Fan de Julia Roberts depuis son adolescence et Pretty Woman, Kevin ne rate aucun de ses films, même les plus mauvais. Apparemment, Eat Pray, Love n’a pas franchement réjoui les critiques, mais Kevin, si. Julia y a, à l’en croire, resplendi une nouvelle fois.

Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce qui a ému Kevin au plus haut point, ce qui l’a laissé assis sur son siège longtemps après la fin du générique de fin au point d’être mis dehors par le service de sécurité du multiplexe, ce n’est pas la beauté complexe de Julia. C’est Ubud, la belle, la rythmée, l’enfiévrée, l’envoûtante Ubud. Ubud et ses temples, Ubud et ses scooters, Ubud et ses cérémonies hindoues quotidiennes, Ubud et ses rizières. Et puis son nom, tout simplement : Ubud. Irrésistible pour Kevin.

rizièreKevin n’attendait pas vraiment de changement dans sa vie d’alors sur les bords du St Laurent, et à 31 ans, comme il le disait si bien à ses chums de l’époque « pour l’instant tout est en place, tout est correct ». Et oui. Mais il a rencontré Ubud. Et à partir de là, rien n’était plus pareil. A la sortie du film, Kevin était « habité ». Il en a même oublié de placer le ticket d’entrée au cinéma dans le pot de Nutella vide rangé avec ses tuques de hockey, comme il avait l’habitude de le faire après chacun des films où apparaît Julia Roberts.

Ce soir là, son choix était fait. Il ne savait pas alors bien ce qu’il partait chercher à Ubud, mais il était sûr d’y trouver quelque chose.

 

Kevin est donc parti, laissant derrière lui Rimouski et l’océanographie, direction l’île de Bali, Indonésie. Les décisions radicales et sans réfléchir, c’est bien, ça permet justement de ne pas trop réfléchir. Mais ça peut comporter certains désavantages, qui découlent notamment du fait qu’elles sont prises sans trop réfléchir. Kevin est parti le 1er octobre du Canada. Il est donc arrivé en gros dans la même période en Indonésie, c'est-à-dire en plein cœur de la saison pas du tout touristique, qui tombe par pure coïncidence avec la saison des pluies.

 

C’est quand il est arrivé dans la belle et mouillée cité d’Ubud que Kevin s’est véritablement rendu compte qu’il venait de faire un choix de vie plutôt hasardeux. Il faut dire que rester cloîtré toute la journée dans une petite pension partagée avec une sorte de barde Portoricain pour colocataire qui passe son temps à chanter des reprises de Bob Marley accompagné d’une guitare mal accordée, tout ça par 98% d’humidité et les incessants concerts de xylophone local provenant du temple d’à côté, il y a de quoi vous faire douter un homme.

Mais pas Kevin le Québécois, aussi tenace et entêté qu’un défenseur du Canadien de Montréal dans les années 80. Kevin profitait chaque jour des rares accalmies météorologiques pour arpenter les petites ruelles trempées d’Ubud, cherchant ce qu’il était venu trouver, sans que rien ni  personne ne puisse lui donner le moindre indice concret lui permettant de le mettre sur la voie. Il lui arrivait alors souvent de se perdre dans une sombre impasse et de se faire mordre par un chien pouilleux de la ville après lui avoir marché sur la patte ou de se faire arroser par un scooter facétieux roulant dans une flaque boueuse parfumée aux excréments canins. La belle vie.

 

Après trois semaines passées à rechercher quelque chose dont il ne connaissait ni la couleur, ni l’odeur ni la forme ni le nom ni la taille, dont il ne savait même pas si c’était dur ou mou ou fait d’air, d’eau ou de glace, bien que cette dernière hypothèse put être mise de côté dans cette partie du monde, Kevin commença à sentir pointer un léger doute dans son esprit. Mais il continua toutefois à chercher, à marcher, à discuter avec touristes et locaux, Hindouistes et rares Musulmans, hommes et femmes, et même avec les singes de la Monkey Forest. Il invoqua même un soir l’esprit de Bob Marley, autant pour qu’il lui donne de la force que pour qu’il aide son colocataire Portoricain à progresser dans ses reprises, voire qu’il arrête carrément ses cacophoniques imitations.

Après cinq semaines de recherches toujours infructueuses, intervint alors ce qui pouvait arriver de pire à Kevin : il commença à ressentir le mal du pays. Il pestait aussi intérieurement contre Julia Roberts et ses choix de carrière, mais ça, il n’y pouvait rien. On était au début du mois de novembre, Kevin s’imaginait la basse et tamisée lumière qui devait régner sur la Gaspésie, il pensait aussi au championnat de hockey qui avait débuté depuis près d’un mois, et regrettait les matchs du Canadien regardés sur le divan avec son pote Vincent avec qui il aurait parlé de rien. Il repensait aussi à ce soir de juin 1986, il avait 8 ans alors et il avait assisté avec son père à la victoire finale de Montréal face à Calgary, lui sur le divan avec son Seven’Up, son père à côté de lui avec sa bière. Il se souvenait du petit viking Mats Naslund et de son numéro 26, et aussi de Patrick Roy et de ses belles boucles brunes et encore de Brian Skrudland. Et il se souvenait qu’à la fin du match, il avait profité de l’euphorie familiale pour demander à son père s’il ne voulait pas lui offrir une guitare. Son père était alors parti d’un grand rire et lui avait répondu que les guitares c’était bon pour les drogués et qu’il allait l’emmener en ville le lendemain et lui acheter une belle crosse de hockey. Et là, dans sa pension d’Ubud dont les murs suintaient d’humidité, alors que la Gaspésie, son pays, entrait peu à peu en hibernation, Kevin n’arrivait pas à se rappeler où était cette crosse que son père lui avait offert un jour de juin 1986.

 

Ce soir là, pour la première fois depuis son arrivée à Ubud, il pensa alors à rentrer chez lui. Pour la première fois aussi, il demanda à son roommate Portoricain  de partager avec lui un de ses cônes fourrés à l’herbe locale. Le colocataire Portoricain ne lâcha pas sa guitare mais prépara avec joie un joint pour deux, en mettant quand même Kevin en garde, « attention, tu vas voir, c’est fort ».

Et effectivement, c’était fort. Presque immédiatement après avoir terminé le pétard, Kevin décida que ce qu’il avait de mieux à faire à cette heure de la nuit était d’aller prendre l’air, ou plutôt d’aller prendre l’eau. Il marcha une dizaine de minutes sous la mousson et s’assit à l’entrée d’un temple, entre deux grosses statues à l’air menaçant malgré leur physique bedonnant. Kevin se mit à parler tout seul, fustigeant les chiens pouilleux de la ville, blâmant le Portoricain et ses goûts musicaux, se faisant la promesse qu’une fois rentré chez lui il jetterait tous ses CD de Reggae et qu’il se mettrait à écouter de la musique classique, ce qui déclencha chez lui une crise de fou rire incontrôlée.

Une fois calmé, il put alors débuter une longue discussion avec l’une des deux statues de l’entrée du temple sur la musique classique en général, et sur Richard Wagner en particulier. La statue du temple était un grand admirateur du compositeur Saxon, qu’il n’avait hélas pu écouter depuis plus de 5 ans. Kevin s’étonna qu’une statue appartenant à un temple Hindouiste connaisse Richard Wagner. Ce à quoi la statue répondit qu’il avait pu écouter le Vaisseau Fantôme à de nombreuses reprises grâce au précédent propriétaire du Cafe Kedai situé juste de l’autre côté de la route, propriétaire d’origine Allemande et grand amateur de Wagner. Kevin s’excusa pour sa culture générale quelque peu déficiente en matière de musique classique, mais objecta à la statue qu’ à sa connaissance, Richard Wagner était peut-être un compositeur hors pair, mais qu’il était également connu pour ses positions très nationalistes et qu’il avait été proche de l’Allemagne Nazie. La statue resta silencieuse quelques instants et Kevin craint alors de l’avoir vexée. Il s’excusa donc. La statue accepta un peu à reculons les excuses de Kevin et reprit le débat en faisant remarquer de façon légèrement blessante à Kevin qu’effectivement, sa culture en matière de musique classique était limitée, que Richard Wagner fut peut-être à un moment de sa vie relativement nationaliste, mais qu’il fut surtout, dans la première moitié de sa vie, révolutionnaire, et qu’il n’avait jamais été proche de l’Allemagne Nazie pour la simple raison qu’il était mort avant son apparition et que ce n’est que parce qu’Hitler était un admirateur de Wagner que des ignorants comme Kevin font aujourd’hui ce malheureux amalgame entre le compositeur le plus talentueux après Beethoven et la peste brune. Kevin, même s’il était maintenant complètement trempé, était plutôt diplomate et trouvait surtout intéressant de pouvoir discuter de musique classique avec une statue au milieu de la nuit Balinaise. Il s’excusa donc une nouvelle fois et demanda à la statue si elle apprécierait d’écouter quelques œuvres de Richard Wagner un de ces prochains jours. La statue, toujours un peu vexée car elle semblait être d’humeur susceptible, ne voulut pas se montrer immédiatement enthousiaste à la proposition de Kevin, histoire peut-être de lui faire payer son ignorance. Toutefois, curieuse et surtout alléchée par l’offre du Québécois, elle demanda d’un ton qu’elle voulut le plus neutre possible comment Kevin allait pouvoir se procurer l’une des compositions de Wagner. Kevin avait bien senti à la voix intéressée de la statue qu’il avait visé juste. Je reviendrais demain, répondit Kevin, dans la soirée. Il souhaita une bonne nuit à la statue et lui donna rendez-vous pour le jour prochain. Alors qu’il s’éloignait du temple, il entendit la statue lui crier qu’elle comptait sur lui, et qu’au fait, son nom c’était Gassevitutikotakat et qu’il aurait trouvé poli que Kevin se présente lui aussi. Kevin rit discrètement, déclina son identité, rentra chez lui, raconta sa soirée au Portoricain qui fit la moue, je t’avais prévenu qu’elle était forte, mon herbe.

 

S’ensuivirent alors plusieurs jours où l’on put voir, pêle-mêle, un Québécois trentenaire partager ses écouteurs avec une statue bedonnante et sacrée, des Hindouistes étonnés mais rigolards photographiant et même filmant ce drôle d’étranger parlant tout seul assis sur les marches du temple et un Portoricain guitare en bandoulière venant déposer régulièrement des offrandes d’herbe à l’effet euphorisant sous les moustaches d’une statue au nom imprononçable.

Pour la petite histoire, il vous faut savoir que Kevin se fournissait en Richard Wagner auprès d’une jeune Bengalie prénommée Nasrine, étonnante voyageuse à la grande culture et maîtrisant sept langues, dont le père fut autrefois consul à Bruxelles. Vivement intéressée par ces échanges entre un touriste venu du froid et un local aux origines tropicales, échanges qui correspondaient complètement à sa vision du monde de partage entre les peuples et les cultures, Nasrine encouragea ardemment Kevin à poursuivre ses discussions avec Gassevitutikotakat. Exploratrice de naissance, Nasrine conseilla de plus à Kevin d’enrichir sa relation avec l’esprit de la statue en visitant avec lui l’Indonésie.

 

bateau GiliKevin ne se le fit pas dire deux fois et, accompagné de son nouveau chum Gassevitutikotakat, il explora notamment la trépidante Djakarta, l’isolée Komodo, la sauvage Sulawesi et fit en scooter le tour de l’île de Bali. A la fin de la saison des pluies, les deux acolytes décidèrent de prendre du repos sur le tout petit îlot corallien de Gili Meno, au nord ouest de l’île de Lombok. Fasciné par ce minuscule bout de terre sans vitesse ni moteurs, Kevin sentit monter en lui une irrépressible envie de pureté et débuta un jeûne d’une semaine.

La vie sur l’île fut alors rythmée par d’innombrables plongées dans les récifs à la vie trépidante, par de multiples siestes et par l’apprentissage avec des îliens de la confection de vin de palme et de vin de riz. Il avait alors vraiment hâte de mettre fin à son jeûne pour pouvoir goûter à sa production qu’il prenait plaisir à nommer en attendant de l’apprécier… Abitibi, La Coulée Douce, Ma Belle Michelle, Les Trois Pistoles… Kevin tenait tout de même à marquer son appartenance à la Belle Province.

 

Une nouvelle fois, à des milliers de kilomètres de chez lui cette fois-ci, Kevin se disait en son for intérieur « pour l’instant tout est en place, tout est correct ». Seule ombre au tableau, et de taille : malgré la surface plus que modeste de Gili Meno, Kevin n’arrivait plus à mettre la main sur Gassevitutikotakat. Il avait beau eu s’asseoir sur toutes les plages, s’adonner à l’introspection contemplative sur les petites constructions en pilotis du Warung Yaya, du Café Ryan ou du Sunset Gecko, rien n’y fit, même siffler un air de Wagner ne faisait pas réapparaître Gassevitutikotakat. Un peu préoccupé mais pas encore inquiet, Kevin décida d’oublier un peu la disparition de son ami en reportant sa concentration sur l’organisation du prochain anniversaire de Romain, un Béarnais de Soumoulou qui venait chaque année faire les saisons sur les Gili’s.

Et c’est en rompant par mégarde son jeûne que Kevin retrouva Gassevitutikotakat. Il était tranquillement en train de préparer un nouveau vin de palme qu’il souhaitait personnaliser en y adjoignant un quart de vin de riz et des extraits de curry, vin qu’il venait de baptiser L’Infernale Ritournelle de Ma Tante Marielle en souvenir de sa tante hippie à la voix de crécelle qui adorait la country et animer les fins de soirée avec son banjo fait maison. Pro jusqu’au bout des ongles, Kevin se sentit obligé de goûter son nouveau breuvage avant d’en faire profiter les gens de l’île, et puis après tout, qui a dit qu’un jeûne devait aussi s’appliquer à l’alcool ?

Toujours est-il qu’après trois verres de Tante Marielle, Kevin était à peu près certain que sa mixture allait faire fureur dans l’île et sans nul doute bien au-delà. Au quatrième, Kevin décida de se lancer dans une estimation précise du nombre moyen de vagues s’écrasant par heure sur la plage qui borde le Café Ryan. Au septième verre de Tante Marielle il avait déjà du recommencer le décompte deux fois, déconcentré d’abord par un vendeur de babioles puis par une Italienne aux goûts vestimentaires légers même pour la saison qui avait cassé en deux la 138ème vague. Enfin, alors qu’il approchait pourtant de la Vérité et de la fin de son huitième verre, c’est Gassevitutikotakat  en personne qui lui fit perdre définitivement le décompte en lui reprochant de vouloir garder la bouteille de Tante Marielle pour lui tout seul.

Frustré d’avoir perdu le fil mais heureux de retrouver son ami, Kevin l’embrassa chaleureusement et ils finirent ensemble le délicat élixir en se jurant d’en préparer quelques jerricanes le lendemain.

 

C’est à peu près à ce moment de l’histoire, une grosse semaine après son arrivée sur Gili Meno, que j’ai rencontré Kevin et que j’ai pu goûter à ses productions locales, la Tante Marielle bien sûr, mais aussi la Coulée Douce, qui n’est pas mal avec ses extraits d’ananas.

Vous pensez bien que je n’ai jamais osé remettre en cause l’existence de Gassevitutikotakat au cours de mes babillages avec Kevin. D’une part car pouvoir jaser hockey sur glace sous les tropiques est sinon plus, du moins autant extraordinaire que de pouvoir discuter musique classique avec un esprit Balinais. D’autre part car, en se concertant avec Caro, il nous est apparu préférable et surtout bénéfique de ne pas mettre en doute la parole d’un homme qui produit de la Tante Marielle de cette qualité là.

orage GiliEt puis un après-midi où l’orage quotidien naissait sur le grand volcan Rinjani au sommet de Lombok, Kevin m’a dit qu’il allait rentrer chez lui, là haut, là où la vie est facile, vers son port, son étoile, vers son repaire tranquille. Je serais de retour juste pour le début des séries m’expliqua-t-il, je pourrais regarder le duel face aux Bruins de Boston, en buvant une bière sur le divan familial avec mon père ou une Maudite au Café Lézard avec mon chum Vincent, je serais là pour le printemps et pour les festivals et puis j’irais camper avec ma blonde dans les Monts Chick-Chock en Gaspésie ou pêcher sur le lac St Jean en sirotant une Coulée Douce avec Gassevitutikotakat.

Alors oui, quand j’ai vu Kevin quitter la petite île de Gili Meno par la petite barque à moteur de 15 heures avec sous le bras sa petite valise et son esprit Balinais, je me suis surpris à être un peu jaloux de Gassevitutikotakat en les saluant tous les deux ma dernière bouteille de Tante Marielle à la main. Finir mes jours au bord du St Laurent à parler hockey avec un distillateur de vin de palme et de riz…

 

Et puis une fois la petite embarcation perdue de vue au milieu des autres barques de pêcheurs, je me suis dit que finalement, d’autres choses importantes m’attendaient ces prochaines semaines. Un paquet de projets d’avenir à discuter avec Caro. Et puis… et puis ça fait longtemps que je n’ai pas eu de vraie discussion avec les cendres de mon sapin, avec le Chirat Moussu du dessus de la fontaine ou avec l’Ariège. Je ne sais pas encore bien de quoi on va parler, mais je suis sûr qu’on trouvera des choses à se dire.

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